Qu’est-ce qu’une chape ?

La chape : définition, rôle, types

Définition et rôle d’une chape

Une chape est une couche de mortier à base de liant hydraulique (du ciment par exemple).

Elle peut être renforcée par un treillis soudé en fonction du type et de la destination.

Cependant la chape n’est pas structurelle. Elle complète le gros œuvre (ex : dallage ou plancher béton) sur lequel elle repose soit directement, soit avec interposition d’une couche intermédiaire de désolidarisation ou d’isolation.

Une chape est destinée soit à rester brute, soit à être recouverte par un revêtement (carrelage, parquet flottant ou collé, sol souple, résine…) suivant la destination du local.

 

Rôles de la chape :

  • Elle assure la finition de la dalle : mise à niveau, profil (forme de pente éventuelle) et régularité de surface.
  • Elle sert de support aux revêtements de sol ou aux revêtements d’étanchéité.
  • Elle transmet les charges au support, compte tenu de la couche intermédiaire éventuelle (ex : isolant). Pour cela elle doit être suffisamment résistante.
  • Le cas échéant, elle participe à l’isolation acoustique et/ou thermique des locaux.

 

Attention : il ne faut pas confondre chape et dalle.

 

Une chape est un ouvrage constitué de mortier (généralement un mortier à base de ciment-sable-eau). A la différence d’une dalle qui est constituée de béton (mélange de gravier-ciment- sable-eau).
La chape n’est pas structurelle. Elle assure la finition d’une dalle et servira de support pour poser un revêtement de sol (chape carrelage), tandis que, la plupart du temps, la dalle en béton est armée et constitue un élément de structure dans une construction.

Les termes couramment utilisés de chape béton ou chape de béton sont donc abusifs. Il est plus approprié de parler d’une chape de mortier et d’une dalle de béton.

Les différents types de chapes

L’exécution des chapes destinées aux bâtiments d’usage courant (tels que logements, bureaux, boutiques, bâtiments scolaires, etc…) est définie dans le DTU 26.2 « Chapes et dalles à base de liants hydrauliques ».

En fonction de leur conception et de leur mode de réalisation, on distingue :

  • les chapes adhérentes, qui sont rapportées ou incorporées ;
  • les chapes désolidarisées ;
  • les chapes flottantes.

1/ Les chapes rapportées adhérentes

La chape est coulée directement sur le support en béton durci (dalle) en y étant liaisonnée par adhérence.

Pour ce type de chape, l’isolant ne peut pas être placée entre la chape et le support et doit donc être mise en place en dessous du support.

Les chapes rapportées adhérentes peuvent être mises en oeuvre dans les locaux à sollicitations faibles (ex : locaux d’habitation, bureaux, boutiques, salles de classe), modérées (ex : galeries commerciales) et dans les cuisines collectives.

chape adhérente

2/ Les chapes incorporées adhérentes

Cette chape, constituée d’un mortier très fin, est appliquée avant que le béton du support (dalle) n’ait fait sa prise.

Cette technique, qui nécessite de couler la chape sur le béton encore frais, est réalisée par des maçons professionnels car elle demande un véritable savoir faire.

Elle est majoritairement utilisée dans le cas de surfaces très sollicitées tels que les dallages industriels.

 

3/ Les chapes désolidarisées

La chape est désolidarisée de son support par l’intermédiaire d’une couche de désolidarisation (film polyane ou lit de sable) placée entre la dalle et la chape. Cette couche permet d’éviter le contact et l’adhérence entre les deux, et ainsi de limiter la fissuration de la chape.

Les chapes désolidarisées peuvent être réalisées dans les locaux à sollicitations faibles, modérées et dans les cuisines collectives.

chape désolidarisée

4/ Les chapes flottantes

Elles sont destinées à répartir la pression des charges exercées sur la surface.

Elles sont entièrement désolidarisées des parois verticales et de leur support.

Elles sont posées sur une couche d’isolation thermique et/ou phonique.

Cette technique est également utilisée lorsqu’on veut faire une chape sur plancher chauffant, pour enrober les tuyaux de chauffage du sol.
Les chapes flottantes sont réalisées uniquement dans les locaux à sollicitations faibles.

chape flottante

Les mortiers de chape

La réalisation d’une chape peut se faire à l’aide :

  • soit d’un mortier fabriqué sur chantier ;
  • soit d’un mortier prêt à l’emploi conforme à la norme NF EN 13 813.

 

Son dosage en ciment ou sa classe de performance sont précisés dans le DTU 26.2. Ils dépendent de la sévérité d’usage du local.

Par exemple, pour les locaux à faible sollicitations tels que les pièces d’habitation, le dosage moyen en ciment des mortiers fabriqués sur chantier doit être de 300kg/m3 de sable sec.

Si la chape est réalisée avec un mortier prêt à l’emploi (mortier industriel prêt à gâcher en sac ou livré prêt à l’emploi par camion toupie), celui-ci devra avoir une classe de performance minimale de C16/F3 selon la norme NF EN 13 813.

Classiquement le mortier de chape est de consistance ferme (appellation chape traditionnelle). Mais pour faciliter la mise en œuvre on peut très bien utiliser des mortiers auto-nivelants (chapes liquides ou chapes fluides).

Temps de séchage d’une chape ciment

Pour les locaux à faibles sollicitations (cas des locaux d’habitation), il est possible de remarcher sur la surface après un temps de séchage de la chape de 3 jours (circulation piétonne de chantier, objets lourds exclus). La mise en service normale pouvant se faire après 5 jours.

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